• Diplocynodon, alligator du Miocène français

     

    Au Miocène le climat relativement plus chaud qu’aujourd’hui permettait l’implantation d’espèces de rhinocéros, de tortues et de crocodiles. Les fossiles datant de l’Aquitanien (23 à 20 millions d’années environ) présentés ici appartiennent tous à cette espèce de crocodile appelée Diplocynodon. On reconnait deux dents en haut à gauche (vues de côté et de dessous), une vertèbre dorsale en haut à droite, et cinq fragments de plaque dermique.  Le Diplocynodon est un petit alligator d’eau douce dont la morphologie n’est pas sans rappeler celle des caïmans actuels. Il devait très certainement se nourrir d’insectes au stade juvénile, puis de poissons et de divers petits animaux s’aventurant sur le terrain de chasse de ce prédateur semi-aquatique. Les dents du Diplocynodon, à qui il doit son nom (Diplocynodon veut dire « dents de chien », en référence à deux dents de la mandibule un peu plus grosses que les autres et qui peuvent faire penser à des canines dans une gueule de chien), n’ont pas à proprement parler de racine. En effet, comme on le voit ici, le dessous de la dent présente un évidement conique. Cela s’explique par le fait que les crocodiliens ont de nouvelles dents qui poussent régulièrement. Le germe de la nouvelle dent se développe dans cet évidement conique, puis la nouvelle dent grandit et finit par faire tomber l’ancienne. Ainsi, Diplocynodon bénéficie en permanence de dents « neuves » et en bon état. Cela explique également que les dents de crocodiliens (tout comme celle de requins en milieu marin) se retrouvent plus fréquemment dans les couches fossilifères que les dents d’autres espèces. Ces crocs pointus n’avaient aucune utilité masticatrice, il n’y a pas de molaire chez les crocodiliens, mais servait essentiellement à maintenir les proies. La légère courbure vers l’arrière, bien visible sur la plus grande des deux dents (1,5 cm), facilitant l’opération…  Enfin, pour sa propre protection, une partie du corps du Diplocynodon est recouverte de plaques dermiques osseuses dont on voit des fragments dans la partie inférieure de la photo. La disparition de cette espèce serait due à un assèchement combiné à un refroidissement progressif du climat.


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