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    Il y a une vingtaine de millions d’années, durant l’Oligocène, la France baignait dans un climat de savane relativement plus chaud qu’aujourd’hui. Les phases sèches et humides (marquées par la mousson) alternaient sur un temps long. Au bord de lacs peu profonds, l’on croisait crocodiles et rhinocéros… Sur les berges nichaient de multiples espèces d’oiseaux lacustres. Les œufs tels que celui de 8cm présenté ci-dessous sont généralement attribués à au Palaelodus, un grand échassier proche des flamants et des grèbes. La découverte récente d’un nid d’œufs similaires dans le Miocène espagnol laisse penser que ces paléo-flamants faisaient des nids flottants protégeant plusieurs œufs, comme le font les grèbes aujourd’hui. L’œuf de plus petite taille présenté ci-dessus est quant à lui d’autant plus difficilement attribuable que nous manquons d’autres œufs fossiles de la même taille… En le comparant à des œufs actuels, la taille peut faire penser à celle d’un œuf de colibri. Or on sait que les colibris étaient bien présents en France à l’Oligocène, avant même de coloniser le continent nord-américain où on les retrouve à présent.

     

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  • Fond viséen

     

    Le Viséen est un étage plus connu et plus commun dans les Vosges que dans le Massif Central. Et pourtant, l’Auvergne possède bien quelques vestiges de cette période du Carbonifère comprise entre 330 et 346 millions d’années environ. Contrairement au Stéphanien (305 / 299 millions d’années environ) auvergnat, plus courant, qui offre des couches terrestres (flore, mais aussi un peu de faune), le Viséen de la région est un dépôt marin. À cette époque le super continent que l’on appelle la Pangée est encore en formation, le niveau des mers augmente et l’on y trouve de petits foraminifères, mais aussi des brachiopodes comme les Spirifères et les Productidés. On trouve également de longs bras ondulant au fil des remous, des lys de mer, ou plutôt des encrines, car il ne s’agit pas de végétaux, mais bien d’animaux de la famille des Échinodermes, fixés au sol par des racines, et possédant des bras fixé à un calice au sommet de la tige. Bien que nous n’en ayons pas encore retrouvé dans la région, il y avait à l’époque dans ces mers des céphalopodes comme les Nautiles, les Orthoceras et les Goniatites (famille des Ammonitidés). On trouvait également des trilobites, comme celui que nous vous présentons : il ne reste que le pygidium, c'est-à-dire l’extrémité de la queue. Le trilobite perdait sa carapace lors des mues tout au long de sa croissance. Le fond marin lui-même était recouvert d’un dédale de coraux et de polypiers, communs aux mers chaudes, qui offraient cachette et lieux d’embuscade pour toute cette faune marine. Bien d’autres espèces aquatiques qui n’ont pas encore été trouvées dans le secteur doivent avoir cohabité ici : des poissons (ganoïdes…), des requins, peut-être des batraciens, des scorpions de mer…

     

     
     
     

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    Le gisement de la Green River, à cheval sur le Colorado, l’Utah et le Wyoming (USA) est connu pour ses nombreux fossiles de l’Eocène (48 millions d’années), et tout particulièrement pour ses poissons. La couche la plus fossilifère, dans le Wyoming, couvre environ 4.000 ans de sédimentation. Les deux espèces présentées ici sont parmi les plus courantes du gisement. Priscacara liops est une espèce éteinte proche des perches soleil actuelles. Il avait des dents laissant penser qu’il pouvait se nourrir d’escargots et de crustacés, on le reconnait facilement grâce à ses grandes épines sur les nageoires anales et dorsales. Diplomystus dentatus quant à lui est une espèce éteinte proche des harengs. Il se caractérise par une bouche retournée qui semble indiquer que ce poisson vivait plutôt en surface. Outre cette bouche particulière, il est reconnaissable par son large aileron anal, son aileron dorsal réduit et sa queue très fourchue. On sait que Diplomystus pouvait manger d’autres poissons, comme les Knightia que l’on a parfois retrouvés dans son ventre.


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  • saint quentin fallavier

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  • Potamotherium
     

    Le Potamotherium, dont le nom signifie « bête de rivière » est un animal morphologiquement proche des loutres actuelles, et qui vivait durant l’Oligocène et le Miocène en Europe et en Amérique du Nord. Cet animal, qui pouvait mesurer 1,5 mètre, fut longtemps considéré comme un mustélidé (sous-famille Oligobuninae), ancêtre de la loutre. Toutefois, des études récentes sur l’espèce proche Puijila semblent indiquer que ce dernier et Potamotherium aient pu être une base pour les pinnipèdes, autrement dit qu’ils aient pu être liés aux ancêtres des phoques et des lions de mer. Si tel était le cas, Potamotherium pourrait illustrer la phase d’eau douce dans la transition évolutive des pinnipèdes de la terre à la mer.

    L’analyse des spécimens les plus complets de Potamotherium laisse penser que cet animal était un bon nageur, qu’il ne bénéficiait pas d’un bon sens de l’odorat, mais que cette lacune était compensée par un sens développé de la vision et de l’audition. Ces qualités, associées à ses dents acérées, en faisait un redoutable prédateur en milieu aquatique. Potamotherium devait être carnivore et se nourrir principalement de poisson. La vertèbre ici présentée appartient à un spécimen ayant vécu durant le Miocène français il y a une vingtaine de millions d’années. Elle évoluait alors dans un environnement plus chaud qu’aujourd’hui dans une région couverte de lacs peu profonds, en compagnie de crocodiles, flamants et toute une multitude d’oiseaux lacustres : poules d’eau, chevaliers… 


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