• crayssac

     

    Le site de Crayssac, dans le Lot (46), est exceptionnel par la quantité et la qualité des ichnofossiles préservés. Autrement dit, par les empreintes fossiles qu’il recèle. Il y a 140 millions d’années, soit au Jurassique (Tithonien inférieur) ce site aujourd’hui au cœur de la France se trouvait alors en bord de mer (Golfe Charentais), à l’extrémité d’une vaste ile (Terre Armorico-Centrale). Dans ce petit golfe, les eaux étaient chaudes, calmes et peu profondes. Un substrat très fin et un contexte très calme expliquent la formation de ce gisement exceptionnel. Cette plage, soumise à un faible effet de  la marée, offrait un habitat exceptionnel pour une faune riche qui venait se repaitre des organismes échoués (des ammonites, des crustacés, des poissons…). On a trouvé à Crayssac des empreintes de tortues, de crocodiles et de dinosaures : théropodes comme sauropodes. Mais ceux qui donnent aujourd’hui leur nom à cette plage fossile sont les ptérosaures ! Car le site est très riche en empreintes de ces reptiles volants et a permis d’en apprendre plus sur eux. Grâce aux empreintes en effet on a pu déterminer la façon dont ils atterrissaient en ralentissant leur allure pendant la phase d’approche, la façon dont ils marchaient à quatre pattes, et on a pu vérifier que certains avaient les pattes palmées et pouvaient nager sur l’eau.

     

     

    La première plaque ici présentée comporte deux contre-empreintes de pattes postérieures (pieds) de ptérosaure, vraisemblablement un Pteraichnus, peut-être Pteraichnus palaciei-saenzi. On remarque très distinctement la première au centre de la photo, avec ses quatre doigts pointant vers le haut, et un cinquième doigt partant du bas de l’empreinte vers la droite. La seconde empreinte est plus abimée, mais tout de même bien visible dans le coin inférieur droit de la plaque. On remarque que les deux empreintes sont parallèles et sur une même ligne, ce qui ne correspondant à la piste d’un ptérosaure en marche (voir le schéma plus bas). Ces empreintes sous-entendent que l’animal était à l’arrêt. Toutefois, la plaque est trop petite et l’on ne distingue pas l’emplacement des mains de l’animal. Il est donc difficile de déterminer s’il faisait une pause dans sa marche, ou si l’on se trouve en présence de la seconde phase d’un atterrissage (voir schéma).

     

     

     

    Nous disposons également de trois spécimens d’empreintes de pattes antérieures (mains) de ptérosaures provenant du même site (voir ci-dessous). On remarque que l’animal pose sur le sol trois de ses doigts. Le quatrième, qui est beaucoup plus long et sur lequel est fixée l’aile du ptérosaure, est quant à lui replié en arrière pour permettre à l’animal de se déplacer à quatre pattes.

     

    Pour approfondir :

    -          Extrait du documentaire de Pierre Saunier « La plage aux ptérosaures »

    -          Un documentaire sur les Ptérosaures évoquant la plage de Crayssac

    -          Un site dédié à la plage aux Ptérosaures


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    Au Miocène le climat relativement plus chaud qu’aujourd’hui permettait l’implantation d’espèces de rhinocéros, de tortues et de crocodiles. Les fossiles datant de l’Aquitanien (23 à 20 millions d’années environ) présentés ici appartiennent tous à cette espèce de crocodile appelée Diplocynodon. On reconnait deux dents en haut à gauche (vues de côté et de dessous), une vertèbre dorsale en haut à droite, et cinq fragments de plaque dermique.  Le Diplocynodon est un petit alligator d’eau douce dont la morphologie n’est pas sans rappeler celle des caïmans actuels. Il devait très certainement se nourrir d’insectes au stade juvénile, puis de poissons et de divers petits animaux s’aventurant sur le terrain de chasse de ce prédateur semi-aquatique. Les dents du Diplocynodon, à qui il doit son nom (Diplocynodon veut dire « dents de chien », en référence à deux dents de la mandibule un peu plus grosses que les autres et qui peuvent faire penser à des canines dans une gueule de chien), n’ont pas à proprement parler de racine. En effet, comme on le voit ici, le dessous de la dent présente un évidement conique. Cela s’explique par le fait que les crocodiliens ont de nouvelles dents qui poussent régulièrement. Le germe de la nouvelle dent se développe dans cet évidement conique, puis la nouvelle dent grandit et finit par faire tomber l’ancienne. Ainsi, Diplocynodon bénéficie en permanence de dents « neuves » et en bon état. Cela explique également que les dents de crocodiliens (tout comme celle de requins en milieu marin) se retrouvent plus fréquemment dans les couches fossilifères que les dents d’autres espèces. Ces crocs pointus n’avaient aucune utilité masticatrice, il n’y a pas de molaire chez les crocodiliens, mais servait essentiellement à maintenir les proies. La légère courbure vers l’arrière, bien visible sur la plus grande des deux dents (1,5 cm), facilitant l’opération…  Enfin, pour sa propre protection, une partie du corps du Diplocynodon est recouverte de plaques dermiques osseuses dont on voit des fragments dans la partie inférieure de la photo. La disparition de cette espèce serait due à un assèchement combiné à un refroidissement progressif du climat.


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  • PaleoniscidaeLe site de Buxières-les-Mines, dans l’Allier (03), a offert de nombreux fossiles du Permien inférieur (Autunien, 299 à 282 millions d’années environ). Les schistes exploités dans la carrière ont offert de beaux spécimens de grands amphibiens, divers poissons, des coprolithes, des insectes, des ostracodes, mais aussi des plantes type Pecopteris (fougère) et Cordaites. Parmi les spécimens les plus connus présents sur le site : Orthacanthus, requin préhistorique muni d’un aiguillon à l’arrière du crâne. En France il n’y a qu’à Buxières que ce genre d’aiguillon fut retrouvé, alors qu’ils sont fréquents en Bohème. Loin d’égaler les beaux spécimens trouvés sur ce site (des acanthodienfossiles parfois complets), la petite plaque dont nous disposons offre tout de même un petit regard sur cette riche faune aquatique d’il y a plus de 282 millions d’années. Outre des écailles difficilement attribuables, on retrouve en effet une écaille en chevron d’un centimètre, qui n’est autre qu’une écaille dorsale de Paleoniscidae.
    Mais aussi un aiguillon de quelques centimètres qui, lui, aurait appartenu à un Acanthodien. Ces derniers, qui furent au Silurien les premiers vertébrés à mâchoire (du moins les premiers connus), n’allaient pas survivre à la crise de la fin du Permien. Ils possédaient de fortes épines pour soutenir leurs ailerons. Ce sont d’ailleurs ces épines qui lui donnèrent leur nom puisqu’Acanthodien vient du grec « acanthos », signifiant « épine ».


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    Cette dent de 3,5 cm trouvée dans les monts Kem Kem au Maroc est celle d’un ptérosaure, un reptile ayant vécu il y a 96 millions d’années, au Crétacé. Elle est attribuée à l’espèce Siroccopteryx moroccensis connue uniquement par des restes de mâchoire et des dents similaires. Néanmoins par comparaison avec des espèces très proches on a une idée de ce à quoi pouvait ressembler Siroccopteryx. Il avait un museau allongé et étroit, avec une partie terminale élargie et massive. Ces dents pointues devaient lui servir à chasser les poissons de la côte marocaine, il était donc certainement fréquent de les voir survoler le littoral tandis que les dinosaures arpentaient la terre ferme. Son nom veut dire « vent du sud », en référence au vent chaud d’Afrique du Nord qui souffle à travers la Méditerranée.

    Premiers vertébrés à voler, les ptérosaures, qui ne sont ni des dinosaures ni des oiseaux ou des chauves-souris, ont régné sur le ciel pendant 150 millions d’années. Durant tout ce temps, ils ont évolué en une multitude d’espèces, des plus graciles aux plus gigantesques. Nous vous invitons à découvrir ces animaux fascinant à travers ce documentaire « Les monstres du ciel » :

     

     

     


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    Les grès rouges du Sud de la France renferment diverses pistes de reptile du Permien de plus ou moins grande taille. Parmi ces pistes laissées dans la boue et fossilisées, celle présentée ici comporte deux contre-empreintes de 4cm de large comportant 5 doigts. On a nommé ces empreintes de l’Autunien (-299 à -282 millions d’années) Limnopus regularis, elles sont attribuées à des témnospondyles Eryopsidés qu’on aurait bien du mal à déterminer plus précisément pour l’instant. Sa longueur du museau à la pointe de la queue a été estimée à deux mètres suite à l’étude des pistes retrouvées près de Lodève. Ces études ont également donné des indications sur le milieu de vie de l’animal puisque l’on a retrouvé des Calamites et des prêles correspondant à un marécage ou à la bordure d’un lac. Le groupe des témnospondyles est un groupe d’amphibien, la plupart menaient une vie semi-aquatique, d'autres ne retournaient dans l’eau que pour se nourrir. C’est lors d’une de ces escapades terrestres qu’un spécimen a laissé dans les empreintes qui nous sont parvenues. Les Eryops avaient un crâne massif avec les orbites et les narines placés sur le dessus. Il possède aussi une oreille pour écouter hors de l’eau et des pattes vigoureuses pour s’aventurer sur terre où il ne bénéficie plus de la poussée

    eyrops

    d’Archimède. Les Eryops retrouvés possédaient des dents pointues, ils étaient très certainement carnivores, mais ne pouvant mâcher ils devaient faire descendre la proie dans sa gueule à la manière des crocodiles actuels. Ils devaient certainement s’attaquer à des poissons et à des amphibiens. Ses orbites et narines placés sur le dessus du crâne devaient leur permettre de

     

    chasser en embuscade en restant à la surface de l’eau. Eux-mêmes pouvaient devenir la proie de prédateurs plus grands que lui comme le fameux Dimétrodon.  Mais si un débat existe toujours sur le lien entre les témnospondyles et les amphibiens actuels, il semblerait en réalité que ce taxon est disparu au Crétacé.

    (Pièce obtenue par échange).

     


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